Cf, Ia Ile, Q. LXVI, art. 3, cum resp. ad arg
unique, ou doit-elle se concevoir à la façon d’un ensemble de disciplines vaguement connexes ?
L'unité d’une science tient à celle de son objet propr e. Or, la morale se proposant pour objet l’ordre à introduire dans les actions humaines en tant qu’elles courent à une fin, trouve dans cette convergence de point de vue un principe d'unité parfaite ‘
Mais l’unité et la multiplicité ne s'opposent que si l’une et l’autre sont situées au même plan; subordonnées, elles se rejoignent et se complètent. Une morale générale comprend sous elle comme parties intégrantes une morale individuelle (monastica), une morale familiale (œæconomica) et une morale sociale (politica) ?. Ce sont là, d’une certaine manière, trois sciences, parce que, bien que leurs principes soient communs, leur sujet ne possède qu’une unité relative, à savoir une unité d’ordre. Ni la cité n’est composée de familles, ni la famille n’est composée d'individus comme le corps est composé. de membres et les membres de tissus. Quand on le dit, c'est en vertu d’une assimilation qui est exacte sous beaucoup de rapports, mais non pas absolument. L’exagérer, c’est tomber dans les plus gräves erreurs, ainsi que cela se voit chez Platon, qui sacrifie, dans sa République, la famille à l'Etat, au nom de l'unité de ce dernier, et comme cela se voit aujourd’hui chez les partisans de l’école sociologique, dont les chefs tendent à. nier, s'ils ne nient tout à fait, la morale individuelle.
L'idée que la morale commence à l’altruisme est une idée courante aujourd'hui, et pour beaucoup, autru, cela devient tout de suite l'Etat, ou, pour mieux dire, les autres en tant qu’ils font avec vous partie de l’Etat. Mais cette conception est tout à fait fautive. L'individu est une unité par lui-même ; il n’est pas uniquement