Ie IIæ, Q. L, art. 2, cum resp. ad
2. Saint Thomas fait remarquer que les Grecs ont deux mots pour exprimer ces deux acceptions du mot latin mos, à savoir &@ns et oc.
affectent la partie appétitive de l’ä âme, puisqu’une inclination à agir procède évidemment de l’appétit. Il conviendra donc d'appeler morales les ‘vertus relatives à nos pouvoirs appétitifs. Les autres s’appelleront 2ntellectuelles*.
2. — Il faut bien se garder de creuser un fossé entre ces deux classes. Leur distinction ne répond qu’à une précision de l'esprit; en fait, l'union est intime entre elles. Ainsi, la prudence, vertu intellectuelle en raison de son sujet, en raison de son essence, est une vertu morale par sa matière, qui est l’action pratique : aussi la rangera-t-on parmi les vertus cardinales, qui sont vertus morales ?. Inversement, les vertus dites morales en raison de leur sujet, de leur essence, sont liées si naturellement à la vertu intellectuelle de prudence que l'intervention de celle-ci dans leur propre travail sera notée dans leur définition même. On dira : La vertu morale est une disposition habituelle présidant à nos choix, en vue d'y sauvegarder le juste milieu de la raison relativement au sujet, conformément à la détermination du sage*.
Croire qu'on peut être bien disposé à vouloir sans une préparation de la raison, ou raisonnable, en face de l’action, sans bonnes dispositions appétitives, c’est opérer un découpage rationaliste ennemi de la vie morale. Saint Thomas insiste perpétuellement sur l'unité effective de ces deux aspects de l'homme. Sans perdre le bénéfice de l'analyse, il sait garder le sentiment de la synthèse.
La vertu n'est vertu que selon qu'elle prépare de bons choix (virtus est habitus electivus, idest faciens bonam
- 4, ER I[æ, Q. LVIIL, art. 4 et 3.
2. Ie Iæ, Q. LVIIL, art. 3, ad 1, Cf. Q. LX VI, arg. 3, où saint Thomas appelle la prudence Virtus intellectualis circa moralia.
3. Cf. Aristote, II Ethic., cap. VI, init., apud S. Thomam, lect. 1.
LA VER Doi. 187.
“electionem). Or, à la bonté du “os ue choses sont
requises : ion droite du vouloir, que devra assurer la vertu morale ; puis une correcte acception de ce qui réalisera les fins ainsi proposées : et cela dépend
du conseil, du jugement et de l’imperium, qui sont.
l’œuvre de la prudence ‘