On voit donc qu'entre la prudence, vertu intel
lectuelle, et les vertus proprement morales, il y a non seulement connexion, mais inclusion. C’est ce qu'il convient peut-être d'éclaircir parune étude un peu plus approfondie de cetle délicate matière.
Quand on définit la prudence une droite notion de l'agir (recta ratio agibilium), il en est qui entendent par là une dictée purement intellectuelle ?, dictée relative à la pratique, voire à celle-ci envisagée dans la HE du cas proposé à l’action. Mais précisément parce qu'on s'arrête au cas, on n’a point abordé la singularité vraie, qui est réalité incommunicable.
La prudence ainsi définie n’est donc pas la prudence vertu ; mais une sorte de science morale prolongée de casuistique et de flair pratique. Appelle-t-on un homme prudent celui qui dit : Voilà ce qu'il faut faire, et qui
ne le fait pas ? La prudence vertu est une droite notion
de l’agir qui atteint jusqu’au fait, l'enveloppe et le détermine. Ce qui suppose qu'un appétit droit est intervenu, puisqu'un appétit dévoyé corrompt le juées ment, comme il ressort de l'expérience.
L'acte propre de la prudence vertu n’est donc pas de décider, intellectuellement, de ce que doit être l’agir ; . mais bien, au sens actif, de décider de l’agir. C’est un
impératif. La prudence fait agir prudemment; elle ne
dit pas seulement comment on peut agir.prudemment. Comme toute vertu, elle décide de l’usage. Raison de