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les passions, ou mouvements de l'appétit, dont on a dit que, ayant leurs fins à part, ils peuvent tenter d'entraîner la raison, soit qu’ils veuillent l’accaparer pour leur -objet propre, ainsi que fait la concupiscence ; soit qu'ils
l’enlèvent au sien, comme la crainte. Cette matière-là
a besoin, par sa nature même, d’une régulation ver- . tueuse toute spéciale, en ce qu’elle fournit une composante d'action qui constitue le plus souvent, à l’égard de la raison, une résistance.
En second lieu, la raison est chargée d’établir un ordre dans les actions ou opérations humaines, et celles-ci, par elles-mêmes, n’impliquent pas résistance, leur nature extra-rationnelle les rendant indifférentes à tel ou tel arrangement de raison‘
Il est bien clair que ces deux . de phénomènes sont étroitement liées l’une à l’autre. Les passions ont leurs effets hors d’elles-mêmes et se traduisent en actions; de sorte que les vertus régulatrices des passions règleront par là même une foule d'actes. D'autre part, ces actes extérieurs dont on vient de dire qu'ils n'offrent à la raison aucune résistance par eux-mêmes, en peuvent offrir du fait de la passion qui y trouve ou obstacle ou pâture.
Il n’y aura donc pas plus de vertus étrangères à la passion qu'il n'y en aura d’étrangères aux actions extérieures. L'homme qui aura réglé ses désirs relativement aux délectations sensibles sera par là même préparé à des actes vertueux en eux-mêmes. Celui qui fera justice au prochain, ou à Dieu, ou à la nature, sera celui même qui aura su régler ses désirs. Mais inclusion n’est pas confusion, ainsi qu’on a pu le voir tout à l’heure. En soi, la passion est une certaine matière à vertu, l’action en est une autre.