‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 136 sur 440 · In II Ethic., lect · texte numérisé non relu

In II Ethic., lect

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9. — Si donc, au lieu de considérer les actions comme des effets de nos mouvements intérieurs, auquel cas toutes les vertus y auraient un rapport direct, on les envisage en tant que matière de nos dispositions vertueuses, on devra les distinguer en deux genres : celles qui ont leur valeur propre indépendamment des “dispositions intérieures de l'agent : telle la fidélité d’un dépositaire, et celles qui prennent leur valeur des dispositions mêmes qu’on y apporte : telle la manducation, qui est raisonnable ou excessive selon qu’elle répond à tel ou tel état du sujet.

Cela étant, il est naturel de distinguer deux classes de vertus : celles dont l’objet direct et principal sera d'assurer les actes qu'on dit valoir indépendamment du sujet, et celles dont l’objet direct sera de régler l'appétit, sans oublier qu'indirectement, ou secondairement, toutes les vertus ont rapport aux passions ; toutes les vertus rapport aux actes.

10. — Des raisons apportées à l'appui de la distinction précédente, on a pu augurer que les actes moraux ayant valeur par eux-mêmes, indépendamment des dispositions du sujet, sont tous relatifs à ce que les Allemands appellent le non-moi. Saint Thomas les dira ad alterum, que cet autre soit Dieu ou l’homme, un individu ou une collectivité. Cette classe d'actes rentrera donc dans ce qu’on appelle au sens large du mot : la justice, la convenance d’une action prise en soi, sans relation aux dispositions subjectives, représentant un d#, notion qui est à la base de la justice en sa forme la plus générale, puisqu'elle doit lui fournir son objet?.

Nous avons donc là un premier cadre où raneee des vertus morales *.

4. Ia Ile, Q. LX, art. 2, cum Comment. Cajet. 2. Cf. infra. p. 233. La justice.

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