‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 148 sur 440 · On peut demander ensuite, sous le nom d’éga · texte numérisé non relu

On peut demander ensuite, sous le nom d’éga

lité ou d’inégalité des vertus, si telle vertu donnée est plus grande chez tel sujet que chez tel autre ; plus grande aujourd’hui ou demain chez le même sujet. En ce cas, il faut distinguer entre la valeur qui revient à une dis-

position du fait de l'extension de son objet, et celle qui

lui revient du fait de sa domination sur le sujet. De la première considération, on ne peut tirer aucune

inégalité entre les vertus, vu qu ‘une vertu n’est telle

que si elle s'étend à tout ce qui est de son domaine.

Exclure de celui-ci quoi que ce soit, c’est exclure la .

raison, donc aussi la ni qui est raison selon son essence.

Il n’en est pas comme de la science et de l’art, qui peuvent avoir un objet restreint, bien que leur perfection suppose aussi l’universalité de l'aptitude. Un grammairien. qui ignore une- règle n'en est pas moins un grammairien. Un homme juste en toutes choses sauf le respect dû au droit d’un seul être, n’est pas à la vérité un homme juste. En cela, les stoïciens ont bien dit, affirmant que la vertu ne reçoit pas de plus et de moins, en ce que, par son essence, elle nous dispose à une application intégrale de sa règle.

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