‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 149 sur 440 · Cf. Saint Thomas d'Aquin, t. 11, p · texte numérisé non relu

Cf. Saint Thomas d'Aquin, t. 11, p

Mais si l’on regarde, au lieu de l'objet de la vertu, sa participation dans le sujet, alors les degrés sont infinis, et l'inégalité universelle. Les différences tiennent à ce que tel est mieux disposé qu'un autre, mieux disposé aujourd’hui qu ‘hier ou que demain à atteindre ce milieu rationnel qui est le but de la vertu humaine, soit que la nature y porte, soit que l’accoutumance y confère, soit que le jugement opère mieux, soit que quelque secours vienne d’ailleurs. Saint Thomas théologien mentionne ici la grâce. |

3. — Les stoïciens avaient donc tort de dire, poussant à bout leur thèse, que nul ne doit être dit vertueux s’il n’est parfaitement disposé à ce que la vertu demande. On a dit déjà que le milieu vertueux ne se juge pas en rigueur, mais avec un certain large. Il y a donc place pour des degrés dans ce qu on pourrait appeler le scrupule vertueux.

Ensuite, s’agît-il d’un objet qui prête à une appréciation rigoureuse, comme cela se produit en justice, reste qu’on peut atteindre ou de plus près, ou avec plus de facilité et de promptitude, ce point indivisible. Les sagittaires qui visent tous [a même cible n’en sont pas moins classés comme tireurs, bien que tous soient tireurs‘.

4. — Une question plus subtile est celle de savoir si toutes les vertus qui habitent un sujet à un moment donné sont égales entre elles, je dis d’une égalité de proportion, de telle sorte qu’elles croissent ou décroissent ensemble el soient ou toutes plus grandes ou toutes, plus faibles d’un sujet à un autre sujet, pareilles en cela aux doigts de la main, qui, bien qu'inégaux chacun à chacun et inégaux aussi d’un homme à un autre, gardent cependant, en gros, une proportion identique.

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