I. — LA NORME MORALE
1. La fin suprême, principe premier de la pratique. — 2. Nécessité d’une finalité suprême. — 3. Il n’y a pas plusieurs fins suprêmes. — 4. La Béatitude.
4. — La liberté ayant divers chemins, et la direction qu'elle prend décidant de toute la vie humaine, il devient nécessaire de lui fournir une règle. À vrai dire, il lui en faut plusieurs, puisque ses rôles sont multiples ; mais ici comme partout, le multiple est dérivé, l’un le domine.
Dans l’ordre spéculatif, les règles du connaître s’appellent principes, et Ics principes particuliers dépendent de ce principe tout premier : Cequi est est. Dans l’ordre de la pratique, les règles de l’agir seront les fins, et toutes les fins particulières seront sous la dépendance d’une fin suprême ‘.
Saint Thomas se place ainsi, dès le début, dans une attitude qui implique l’absolu, et qui exclut le relativisme étroit des morales « positives ». Cela se conçoit. Systématiquement parlant, la morale thomiste n’est autre chose qu’un prolongement de la métaphysique thomiste. L’idée d’une morale coupée de communications avec les causes suprêmes, alors que pour la raison le suprême est premier, donc condition de tout le reste,