Ja Ile, Q. I, art. 3 et
9. — Sentement, lé bien n’est pas une chose une c'est une raison de vouloir (ratio appetendi) etilresteà se demander si parmi les choses voulues, objets d”’ appé- titions dépendantes l’une de l'autre, il en est une pre- mière dont tout le reste dépende. Or, c’est ce qu’on ne peut refuser d'admettre. Dans aucun ordre, le processus ; in infinitum n’est recevable. On l’a vu de resteen cequi . concerne les moteurs ”. En matière de finalité, 1l ne peut en être autrement, puisque la cause finale n’est pas 2]
moins soumise que les autres aux lois du conditionne ment causal. La fin n’est-elle pas le moteur du désir? Si : donc il n'y avait rien de voulu d’abord et avant tout, rien qui termine idéalement la recherche, ilen serait de l'âme voulante comme d'un univers sans moteur premier. Rien, ici, ne serait voulu, comme rien, là, ne serait a l’œuvre. À supposer que l’action s’engageât, elle serait interminable en soi, et par conséquent vaine. L’inten-
tion de l'agent, qui veut ceci à cause de cela et cela à.
cause d'autre chose, ne trouvant point de repos, devrait
avouer l'inutilité de son départ.
2 — Que si l’on dit : Il n’y a pas une fin dernière, il yen a plusieurs, à savoir des biens dont chacun est voulu pour soi, indépendamment des autres, saint … Thomas répondra : C’est impossible. « Comme dans le « processus rationnel le point de départ est ce qu'on «connaît naturellement, ainsi, dans le processus « volontaire, le point de départ est ce qu’on veut natu-
A RIEQ.L art. 4 et2; III C. Gentes, Cap. 2. 2. Saint Thomas d'Aquin, tome I, p. 144-150.
3. 18 [Iæ Q. L, art. 4; In II. Met. lect. 4: In I Eéhic. lect. 2.
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rellement. Or, il tr que Riot, un ; car : la nature ne tend qu'à lun. » Chaque être naturel tend selon ce qu'ilest. Dire qu’on tend à plusieurs fins sans lien, c’est dire qu'on est mulliple ; je dis d’une multiplicité
qui serait elle-même sans lien : autant dire qu’on n’est point; car l’être et l’un sont identiques !
‘ D'ailleurs, si chaque espèce d'activité se caractérise, ainsi qu'il est clair, par la fin particulière qu’elle poursuit, comme l'étude par le savoir, l'hygiène par la santé, le travail par la richesse, ete., ne faut-il pas que l’activité générale de l’homme, genre à l'égard de ces espèces, ait aussi sa caractéristique ? D'où l’aura-t-elle, sinon d’une fin générale, elle aussi, comme est l’activité humaine? ? °
Cette conclusion se confirme du fait que toute activité naturelle tend à l’achèvement de ce qui la manifeste.
Chaque être s’efforce vers sa propre réalisation, ét sa réalisation ultime est pour lui le bien parfait. Or le
parfait peut-il être multiple, lui qui est un achèvement totalisateur, une synthèse * ?
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4. — On arrive ainsi, en même temps qu'à prouver l'unité de la fin humaine, à en déterminer la notion. Celle-ci se confond avec ce qui s’exprime en ce mot : la béatitude.
Qu’est-ce en effet que la béatitude, si ce n’est le sou- verain bien du sujet envisagé, et qu'est-ce que le bien - de chaque être, sinon ce qui peut le parfaire et l’achever
selon sa nature?' Arriver au terme de son devenir naturel, c'est atteindre sa fin ; c’est rencontrer son bien, et, par le sentiment de ce bien, si l’on est doué de sen-
4. Cf. Saint Thomas d'Aquin, t. I, p. 32 et seq. 2, Ia Ile, Q. I, art. à.