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en ceci et non pas en cela; aujourd’ hui en ceci a non pas en cela. L'inégalité et la variabilité sont ici la règle‘.
5. — Que si maintenant l’on se souvient du sens large accordé antérieurement au mot vertu et si l'on demande : Les vertus morales, actuellement étudiées, sont-elles plus ou moins élevées en valeur, plus ou moins précieuses que les vertus intellectuelles telles que la science, l’art, le sens des évidences rationnelles, la sagesse ? saint Thomas fait une réponse qu’il n’est pas indifférent de noter; car elle révèle à plein sa conception de la vie et de l’homme.
Il a été dit plus haut que les vertus morales, contrôlant l'appétit, qui est le moteur universel de l’homme, sont règle universelle d'exercice, même à l’égard de pouvoirs de l’âme dont la spécificité les domine. Si donc on parle d'exercice, c’est-à-dire d'emploi de ce qui est en nous pour le faire passer à l’acte, alors, les vertus morales sont en tête. Par elles, en effet, nous sommes mis en état de conduire notre vie avec sagesse, au lieu de l’abandonner, y compris ses richesses intellectuelles, sur les pentes si glissantes des passions.
Au point de vue de la permanence aussi bien que de
l'urgence des services, ce sont elles, encore, qui pré-
valent ; car l'occurrence est toujours là, où elles peuvent nous sauver du mal, nous pousser au bien, alors que la science ou l’art n'ont pour elles qu'un champ sans cesse réduit par les nécessités de l’existence*.
D'ailleurs, l'exercice des vertus morales est une condition nécessaire aux vertus intellectuelles elles-mêmes*.
Malgré tout, on ne peut pas dire tout court : La vertu morale est supérieure à la connaissance. Absolument
1. KR Le, Q. LXVI, art. 2; Q.- V, de. Virtut. (de Virtul. cardinal}, art. 3.