‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 156 sur 440 · Ia IIæ, Q. XLVIL, art. 9, cum resp. ad · texte numérisé non relu

Ia IIæ, Q. XLVIL, art. 9, cum resp. ad

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terminé des personnes, des choses et des circonstances, qui sont, au vrai, un infini. Elle ne peut donc être dite naturelle. On y est seulement plus ou moins apte, comme on l’est à l'acquisition de la science.

La prudence animale, elle, est naturelle, parce que les chemins que prerid l’action ne sont pas moins déterminés, chez l’animal, que les fins qu’elle poursuit. L'oiseau veut naturellement faire son nid, et il ne veut pas moins naturellement apporter des pailles. Mais l'homme, qui a des fins déterminées aussi, se trouve libre à l'égard des moyens. Libre, c’est-à-dire en puissance, par sa raison, à un infini de déterminations possibles. Ses choix ont donc à être réglés, etla prudence quilesrègle ne peut venir que de lui. C’est son honneur d’être remis « aux mains de son propre conseil »*.

1. — Comment la prudence croît, et en quelle dépendance elle se trouve, sous ce rapport, à l'égard des vertus morales, c'est ce qu'on a dit plus haut. On en peut augurer de quelle manière elle périt. Ce n’est point à la manière de l’art, ou de la science, qui, consistant dans le connaître seul, sont atteints par l’oubli. La prudence, elle aussi, dépend évidemment de la mémoire pour autant que la connaissance y est incluse; mais puisque le vouloir y intervient; puisque son acte principal est d'intimer la raison aux actes, ce qu'elle fait sous l’influence du vouloir, elle ne peut dépendre de la mémoire comme la science. C’est bien plutôt par les passions, qu’elle périt. « Le délectable et le triste pervertissent l'estimation de la prudence », écrit Aristote ?. On en a dit assez pour éclairer cette question redoutable *.-

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