Ibid., Q. LIV, per totum
3. Q. XV de Malo, art. 4; Ile Ile, LIL, art. 6, cum. resp. ad arg.
NO CAT AD FUN M F É 231 prudence non plus en combattant ce qu'elle suggère ; mais en abondant trop dans son sens.
Le théologien connaît une prudence de la chair que le philosophe ne peut manquer de condamner à son tour, puisqu'elle consiste à orienter l’action vers des
fins relatives, en faisant fi des fins suprèmes, ou en tout
cas en s'écartant plus ou moins de ce qu’elles règlent ‘. Il doit aussi dénoncer une certaine asfuce, qui, en vue du bien ou du mal, use de machinations et de
faux fuyants, de manœuvres dolosives ou de fraudes,
comme dans les sciences spéculatives on se sert de sophismes, que ce soit pour bien ou pour mal conclure *.
Enfin, une so/licitude désordonnée de ce qui n’appartient pas, de soi, à l’ordre moral, et qui peut s'y orienter bien ou mal, est aussi une corruption de la prudence. S’inquiéter du temporel comme s’il était une fin dernière; s'inquiéter au delà du nécessaire, en faisant tort, par là, aux préoccupations plus urgentes ; s'inquiéter hors de propos, quand la Providence est là, prête à se charger de tout souci que la moralité ne nous impose pas; s'inquiéter enfin hors de l’occasion, au lieu de laisser à chaque jour ou à chaque besoin survenant sa malice, c’est un désordre qui dans le premier cas est grave; qui est certain, tout au moins, dans les autres.
4. — Comme saint Thomas avait attribué principalement à la luxure les vices opposés à la prudence par défaut, ainsi attribue-t-il principalement à l’avarice les vices opposés à la prudence par excès. C’est que la rectitude prudentielle n’a pas de meilleure occasion de se prouver que la justice, et que l’avarice, en tirant à soi, désorganise à fond la justice. Comme donc l'intempérance luxurieuse, bien que la raison y fléchisse, prouve
‘4. ITa Ie, Q. LV, art. 1 et 2.