Ia Ie, Q. LVIIL, art
% Le juste milieu ne . établira donc point, comme tout à l'heure, entre le tropet lé trop peu que la raison déter-
rapports humains et ne peut donc pas être appelé, F proprement, un injuste‘.
5. — Il faut noter aussi que celui-là n’est pas nécessairement un injuste qui a fait une chose même gravement injuste. On sait déjà que, à parler en général, celui qui fait le mal peut être bon, à savoir si le mal ne lui apparaît pas comme tel et que sa volonté soit droite. Mais cela est un lieu commun de la morale. Ce qui est spécial ici, c’est que la justice ou l'injustice du fait étant jugées par rapport à autrui, non par rapport au sujet moral, il devient possible qu’on fasse une chose réellement et actuellement injuste sans être injuste en la faisant, alors que cela serait impossible, par exemple, en matière de tempérance ou de courage. L'homme qui refuse l’assaut pour une raison de discipline, même s’il se trompe, ne fait pas une chose lâche. Au contraire l’homme qui prend le bien d’autrui par erreur fait une chose qui est injusle, en tant qu’elle lèse autrui et offense le droit, chose essentiellement objective. Mais cet homme n’est pas un injuste; car ce qui fait la justice ou l'injustice du sujet, ce n’est pas l’objet en soi ; c'est l’objet secundum quod objicitur, c’est-à-dire tel qu'il est jugé.
De plus, l'injustice peul procéder de tendances qui n'ont, de soi, nul rapport avec autrui et n’affectent donc point, de soi toujours, la nature de nos liens. Celui qui vole un objet par colère ou par concupiscence, pèche sans doute ; il pèche même doublement, puisque deux vertus se trouvaient intéressées à son acte. Mais ce n’est pas l’injustice, en lui, qui a produit cet acte injuste. Il n’est donc pas proprement un injuste. La passion calmée, on le retrouvera respectueux du bien d'autrui ?.
4. I Ie, Q. LIX, art. 4; II Sent., Dist. XLIL, Q. L, art. 4. 2. IR Ie, Q. LIX, art. 2 ; In V Eféhic., lect. 13.
HAT IUSTICE | DR NAUT TauS