‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 184 sur 440 · Cf, Saint Thomas d'Aquin, t. I, livre I, ch. 11, Q · texte numérisé non relu

Cf, Saint Thomas d'Aquin, t. I, livre I, ch. 11, Q

2. 118 Iæ, Q. LXXXIIT, art. 2; [IL Contra Gentes, cap. xCv, xcvi: Compend. Theol., Pars Ils, cap. 11.

“Jeux ne mieux manquer que demander. Nos demandes à Dieu rentrent donc, par ce biais, dans l’objet de la vertu de religion, qui est de rendre honneur au Premier Principe, et cela d'autant mieux que nous demandons des choses plus élevées, plus difficiles, puisque, dans ce cas, nous traitons Dieu de plus en plus selon ce qu’il est.

La prière étant, d’ailleurs, un acte de religion selon qu’elle reconnaît le souverain domaine, elle est donc, sous ce rapport, un acte d'intelligence ; elle incline l’intelligence devant Dieu. Elle est donc inférieure, de ce chef, à la dévotion ; car la dévotion incline le vouloir, où la moralité s’enracine ; mais elle est supérieure à toute manifestation extérieure du culte’. Ë

5. — Valère Maxime” dit de Socrate qu'il conseillait de ne rien demander aux dieux si ce n’est, en général, qu'ils nous fissent du bien. Eux seuls savent, disait-il, ce qui nous est bon, et si souvent il arrive que nous nous souhaitons à nous-mêmes des maux!

Cela est vrai, certes, en beaucoup de choses ; mais il y a pourtant des biens qui ne peuvent tourner mal, comme la vertu et son achèvement en béatitude. On peut donc demander cela, pour autant que le secours de Dieu nous y aide. Quant au reste, en effet! il convient de s’en rapporter; mais ce n’est pas une raison pour ne pas exprimer son cœur. Après cela, Dieu juge *.

Et quand on parle d'exprimer son cœur, on l’entend, évidemment, selon la vertu. Il s’ensuit qu'au sujet des biens temporels, on ne doit demander que ce qui paraît utile à la vertu et à ses manifestations. Les biens du temps ne sont pas faits pour eux-mêmes. Celui qui les

1. IR Ile, Q. LXXXIIL art. 3, cum resp. ad 2 et 3m. 2. Fact. et Dict. Memor., lib. VII, cap. 2.

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