‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 185 sur 440 · Ila Ie, Q. LXXXIIL, art · texte numérisé non relu

Ila Ie, Q. LXXXIIL, art

prend pour ultime fin se déprime à leur taille ; celui qui s’en sert les élève au niveau de ses objets *.

6. — La prière les uns pour les autres est vertueuse de bien des façons. Elle nous unit; elle nous rappelle notre faiblesse; elle augmente la puissance de l'appel à Dieu ; elle fait honneur au ciel avec plus d'ampleur de ce qu'il donne.

Cette prière-là est moins sûre de son effet, au spiri-

-tuel, que la première; car chacun de nous estle principal

ouvrier de sa destinée, et il se peut que nos résistances empêchent l’effet de n’importe quel appui fraternel. Il faut pourtant prier pour tous, bons ou méchants : pour les premiers afin qu’ils croissent ; pour les seconds afin qu’ils changent * ; pour nos amis parce qu’ils sont notre prochain le plus prochain; pour nès ennemis parce qu’ils nous sont prochains quand même. Il n’y a pas d’étrangers pour ceux qui jugent selon Dieu, surtout s’ils se recommandentde Celui qui a étéappelé par saint Cyprien le Maître d'unité, le Christ*.

1. — La prière vocale a pour utilité, par rapport à l’autre, de la manifester et par là de renforcer le sentiment qui la suggère. Si le contraire avait lieu en raison de la distraction d’esprit qu'’occasionnent quelquefois les mots, il n'y aurait qu’à s’en abstenir ; mais Le plus souvent, la véhémence du sentiment s’y accroît, de même qu'elle l’exige. Il y a là une connaturalité dont on ne peut faire fi. À plus forte raison en est-il ainsi quand il s’agit de prière publique. Par définition, celle-ci a besoin d’être extérieure, car le social relève de la matière, bien qu'il agisse en vue de l’esprit *.

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