Cf. ibid., Q. LXXXIV-LXXXVI ; Q. XOL
280 -* LA MORALE DE SAINT THOMAS D'AQUIN qu'il sert à affermir la confiance des hommes les uns dans les autres, à finir leurs controverses, à faire régner
entre eux la justice, il revêt la valeur de ces biens.
4. — Il est un acte religieux, comme l’ont reconnu les anciens philosophes. Mais c’est à la condition qu'on le laisse à son rôle, qui en fait non un bien en soi, qu’il conviendrait de rechercher pour lui-même; mais une nécessité relative à certaines circonstances, et qui ne doit pas les déborder.
La condition du serment et celle d’autres actes religieux est à ce point de vue fort différente. Celui qui adore ou qui fait un vœu dirige ses actes en vue de l'honneur de Dieu. Celui qui jure utilise l'honneur de Dieu en faveur de ses actes, et sa fin est donc humaine ; la religion n’est ici que dans le moyen. Si la fin est bonne et proportionnée, tout est bien; dans le cas contraire, il y a abus.
Jurer en vain, c'est-à-dire inutilement, ou pour une cause futile, est donc une faute morale. Jurer en faveur du faux ou de l’injuste est un double crime. Aussi a-t-on dit que le serment vertueux a trois assesseurs : - le bon jugement, la vérité et la justice !.
C'est assez dire que la promesse faite sous serment oblige. De mème que celui qui prend Dieu à témoin au sujet du passé ou du présent est tenu de dire ce qui est vrai, ainsi celui qui le prend à témoin d’un avenir à réaliser par lui est tenu de faire que céla soit vrai, à moins toutefois que cela ne soit plus en son pouvoir ou que les intérêts du bien ne s’y opposent.
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