Cf. Ie Ile, Q. VI, art. 1 et
2, Cf. Saint Thomas d'Aquin, t. II, p. 225.
3, la Ile, Q. LXXI, art. >, ad 2»; Q. II de Malo, art. 1, ad 2». 4, Cf. Le Ile, Q. VI, art. 3; In II Sent, Dist. XXXV, art. 3.
impossible ‘. L'acte de volonté est une inclination consé- 7
cutive à une forme de connaissance, comme l'acte des agents naturels est consécutif à une forme d’être. De
même donc qu'unagentnaturel peutbien être écarté de ses.
voies, mais non pas de telle façon que cet écart procède de soninclination naturelle : ainsi un agent connaissant peut être violenté, mais non en ce sens que l’acte à lui arraché procède de son inclination volontaire. Le point d'application de la violence est donc, ici, l’être physique dans quelqu'un de ses pouvoirs, non proprement l'être
volontaire. C'est uniquement parce que, à titre normal,
les pouvoirs dont on parle sont soumis à la volonté, que
le mot violence a sa raison d'être. Appliqué au vouloir -
. lui-même, il serait contradictoire. Ce qui est violent procède du dehors; ce qui est volontaire procède du dedans. Donc, ce qui est volontaire n’est pas violent, et ce qui est violent n’est pas volontaire *.
&, — Mais si rien d'extérieur ne peut venir forcer la volonté, ilse peut que telles dispositions suggérées par le
dehors pèsentsurelleetrendentinvolontairesous certains
rapports ce qui, sous d’autres, est volontaire. La crainte est l’une de ces dispositions. Ce qu’on fait par crainte est mêlé de volontaire et d’involontaire, dit Aristote #. En effet, qu’on agisse par crainte, c'est preuve que la volonté répugne à l’action considérée en elle-même ;
1. On sait avec quelle rigueur s'exprime saint Thomas. Nos faits de suggestion et le volontaire apparent qu’ils révèlent ne modifieraient pas ses formules. Les actes suggérés sont des actes voulus par l’expérimentateur, non par le sujet. A l'égard de ces actes,'le cerveau suggestionné exécute, son possesseur n'approuve ni à proprement parler ne délibère. Le combat d'images motrices ou représentatives qu’on observe en lui, que lui-même y observe, n’a que l'apparence d’un conseil. Il est
mené, il ne se meut pas lui-même, ce qui est le propre de l'être qui
veut. Sa volonté est liée, elle n'est pas proprement forcée. 2. Cf. supra, p. À et 2.
3. Ie Ile, Q. VI, art. 4 et 5 ; Q. LXXIII, art. 6, In III Efthic., lect. 1. 12 Pars, Q. LXXXII, art. 1: Q. XXII de Veritate, art. 5 et 8.