‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 201 sur 440 · V. — DE LA VINDICTE · texte numérisé non relu

V. — DE LA VINDICTE

4. Rôle moral de la vindicte. — 2. Les conditions de la vindicte. — 3. La non-résistance au mal. — 4. La vengeance collective, — 5. Les modalités de la vindicte.

4. — A la justice se rattache encore la vindicte, dont les amorces sont en nous à l’état d’inclination naturelle.

On a dit assez que les vertus n’ont d’autre rôle que de satisfaire par de bons moyens aux inclinations qui sont en nous les moyens de la nature. Aussi voyonsnous correspondre à chaque inclination définie une vertu spéciale. Or, il y a dans tous les êtres une tendance naturelle à repousser le nuisible. C’est ainsi que les animaux ont un pouvoir trascible, distinct de leur puissance de désir (vis concupiscibilis). L'homme, lui, repousse le nuisible en se défendant contre les injures ; soit qu'il essaie de les empêcher, soit qu'il les venge: non dans l'intention de nuire lui-même ; mais afin d’écarter les nuisances. Or, telle est la vindicte, et pourvu qu’elle soit soumise à la raison, c’est

une disposition vertueuse”*.

2. — Les conditions qu’elle doit revêtir sont relatives à l’intention de l’agent, et les modalités de l’intention entraîneront celles de l’acte.

Que si l’agent se proposait le mal de celui qu'il punit et s’en tenait là, son action serait pleinement illicite ; car se complaire dans le mal d'autrui appartient à la haine, qui est contraire au devoir de l’amour mutuel.

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