Ibid., ad 2n ; Chrysost. : Opus imperf. in Math., Hom. V
frir les uns pour les autres. Il faut en ce cas se souvenir des règles suivantes.
Si la multitude a péché tout entière, la vindicte pourra l’atteindre ou tout entière ou en grand nombre, selon ce qui sera Jugé nécessaire. Si l’on espère un amendement, on devra se borner à punir quelques chefs, en vue de ramener les autres. Si au contraire la faute est le fait non de la multitude entière, mais d’un certain nombre et qu’ils puissent être distingués, ce sont eux, évidemment, qu’il faut frapper, à moins que les circonstances ne fassent de cette partialité apparente un scandale. Autrement, il faut pardonner, pour ne pas arracher le froment avec l’ivraie, contrairement à l’avis du Maitre.
Et ce qu'on dit de la multitude est vrai du prince qui la régit. Il faut plutôt souffrir de son péché que de nuire injustement à son peuple, à moins que le dommage éprouvé ne soit moins grand que celui qui ressort du péché même.
5. — On pourrait se demander si les peines infligées par les coutumes et les législations réputées sages sont sages vraiment et conformes à la raison droite. A cela on répondrait: Les méchants ne peuvent être empêchés de nuire que par la crainte de perdre des biens plus importants pour eux que ceux qu'ils espèrent obtenir par le crime. De là vient que les peines sont prises de ce que les hommes préfèrent en ce monde: la vie, le bien-être corporel, la liberté, les biens : richesses, patrie ou gloire. D'où la peine de mort, les afflictions corporelles, l’incarcération, l’amende ou la confiscation, l’exil et les peines infamantes ?.
Il faudrait revenir sur ce cas à propos de morale sociale,