Aristote, IV Efhic, cap. vir
qu'il y a simulation d’une vertu ou qualité morale absente, quoi qu’il en soit du but poursuivi. De même donc qu’on a écarté de la définition rigoureuse du mensonge l'intention de tromper, n'y maintenant que l’intention de dire le faux : ainsi faut-il écarter de la définition précise de l'hypocrisie l'intention d’être jugé meilleur, bien que cet effet tende de soi à s’y joindre. Il n'y faut maintenir, comme appartenant à son essence, que l'intention de simuler la vertu‘.
D. — La JACTANCE.
4. Nature de la jactance. — 2. Les causes de la jactance. — 3. La gravité de la jactance. — 4. La gloriole du mal.
1. — De son côté, la jactance consiste à s’exalter en paroles, comme si l’on voulait se projeter loin (jactare) dans l'opinion des hommes. Or, s’exalter, c’est : dire de soi ce qui est au-dessus de soi, et cela se peut doublement. On peut dire de soi ce qui est au-dessus de soi en réalité, et ce qui est au-dessus de soi dans l’opinion qu’en ont les autres. Dans les deux cas il y a jactance au sens large du mot; mais à parler précisément, selon que la jactance est un vice opposé à la véracité, on doit l'entendre uniquement d’un excès dans l’expression de sa propre valeur ou des faits qui s’y rapportent.
2. — Les causes d’un tel abus peuvent être diverses. La plus fréquente est la superbe qui, s’exaltant au dedans, éclate au dehors en paroles excessives: d’où il suit que certains font de la jactance une variété de l’orgueil. C’est encore l’avarice, l’ambition, qui se vantent d’aptitudes propres à leur procurer des honneurs ou des gains.
. Mais ces causes-là ne sont pas les seules ; la légèrelé s’en mêle, et aussi une certaine vanité peu coupable.