Ile IIæ, Q. CXI, art. 3, cum resp. ad obj
Toujours est-il que la jactance, prise en soi, est autre chose que l’orgueil, l’avarice, l'ambition ou tout autre vice pouvant la provoquer soit comme but soit comme ‘cause. Selon son espèce, elle est une offense à la vérité par excès. Là =
3. — Fort répandue, on aime à croire qu’elle est peu grave. Seuls les parfaits l’évitent, a dit Grégoire le Grand'. Toutefois il faut distinguer. La jactance prise en elle-même est légère en effet, si l’on ne se vante ni aux dépens de ce qui est réservé à Dieu, ni aux dépens du prochain, dont l’abaissement ferait les frais de l’exaltation qu’on recherche. Dans le cas contraire, elle revêt la malice d’une atteinte à la charité ou à la vertu de
religion, et cela peut devenir grave.
= Si l’on tient compte des causes et des fins, on ne sait plus où l’on va ni où pourra s’arrêter la malice. Evidemment cette considération est hors cadre, et il est inutile qu'on y insiste”.
4. — On remarquera que saint Thomas ne fait pas entrer dans la jactance la disposition de certains à se vanter du mal qu’ils ont fait. La raison en est que pour lui la jactance suppose le mensonge, étant l’une deses espèces. Îl dirait dans ce cas : vaine gloire; nous dirions : gloriole.
Quant au mal qu'on n’a pas fait et dont certains trouvent bon de se vanter pourtant, c’est un cas particulier de jactance qu'il faudrait joindre à celle qui offense la charité, à savoir, ici, la charité à l’égard de soimême *.