‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 211 sur 440 · Ce que la jactance est en trop, au point de vue · texte numérisé non relu

Ce que la jactance est en trop, au point de vue

de l'expression de soi-même, l'ironie l’est en moins. En se dépréciant au prix d’un mensonge, pour une raison quelconque, l’homme pèche, comme il avait péché en s’exaltant.

2. — Il ne faut pas confondre ce vice avec l'humilité, qui, la vérité sauve, découvre plutôt de soi-même le moins bon et passe sous silence le meilleur. Cela aussi peut être peccamineux en certaines circonstances ; mais non pas selon son espèce. Un parle maintenant d’une parole mensongère, et l’on dit qu’elle n’est pas innocentée par ce fait qu’elle nous déprécie. Se proposât-on de fuir la superbe, ce n'est pas une raison pour fuir en même temps la vérité. « Celui qui ment pour cause d'humilité, a dit Augustin, s’il était innocent avant, devient pécheur après. »°

3. — On a dit toutefois que le plus souvent l'ironie est moins grave que la jactance. Cela n’est pas en raison de leur matière, qui est la même : iciet là on ment, par paroles ou par gestes, relativement aux conditions de la personne. Mais fréquemment la jactance a de pires motifs, comme l’appétit du lucre ou d’une gloire usurpée, alors que son contraire procède du désir mal jugé et désordonné de ne pas être à charge aux autres. Que si au contraire, comme il arrive, on se déprécie soi-même avec une intention perverse, en vue de tromper et d’en tirer avantage, les valeurs peuvent se renverser et l'ironie devenir plus grave.

4. IRIIe, Q. CXIIEL, art. 1, cum arg. sed contra et resp. ad 3u. S. Ang. * De Verbis Aposloli, Sermo XXII.

he des Phasehee : «ds croient leur Fi fs de montrer aux hommes qu'ils jeünent. » (Matt. V1.)

= C’est pour cela que saint Augustin se refusait à porter des vêtements soit trop riches, soit trop pauvres, disant que dans les uns et les autres les hommes cherchent Sgalement leur propre gloire !

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