QE LAN
PÈSE à ï à ; RES
tout ce qui peut produire un résultat ne le produit pas
pour cela en toute circonstance.
Or, la relation de l'ignorance à un acte de volonté peut être triple. Elle peut être concomitante, elle peut être conséquente, elle peut être antécédente.
On l’appellera concomitante si, bien que liée à l'acte, elle n’en est pas la cause. On peut ignorer ce qu’on fait et être néanmoins disposé à le faire. Je veux tuer mon ennemi ; je le tue à la chasse croyant tuer un cerf :on devra dire que j'ai tué en ignorant, mais non pas que j'ai tué par ignorance, puisque, dans l’hypothèse, écarter l'ignorance n’eûüt pas étésupprimer l’acte. Il est clair que dans un tel cas il n’y a, à proprement parler, ni volontaire ni involontaire. Il n’y a pas volontaire, puisqu'on ne peut vouloir actuellement ce qu’on ignore ; il n’y a pas involontaire, puisque la volonté, fixée antérieurement dans le sens de l’acte, n’a rien retiré de son attitude. L’involontaire est ce qui répugne à la volonté; le volontaire, ce que la volonté pose : il n’y a ici ni l’un ni l’autre, je dis à l'égard de l'acte ignoré, en tant précisément qu'il est ignoré. Reste, à la charge de l’agent, une volonté habituelle, qui, à l’égard de l’acte présent, devient une volonté interprétative, volonté que l’ignorance ne détruit pas, et qui rend moralement responsable *.
En second lieu, on appelle conséquente une ignorance que la volonté elle-même produit. Et cela se rencontre de deux façons, comme pouvait le faire prévoir la distinction du volontaire direct el indirect. Il se peut que l'acte de volonté se porte sur l’ignorance même, le sujet voulant ignorer, afin de se préparer une excuse. C'est là ce qu’on nomme ignorance affectée. I] se peut. encore que la volonté, bien qu’elle ne choïsisse pas l'ignorance, en soit tenue responsable, en ce que l'agent