‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 221 sur 440 · Il Il#, Q. CXVIL, art. 5 ; Q. XIII de Malo, art · texte numérisé non relu

Il Il#, Q. CXVIL, art. 5 ; Q. XIII de Malo, art

SERTILLANGES, lé 24 ee

vertueuse. Mais dans les limites de la sagesse, il appar= tient à quiconque possède un surplus de biens de le déverser sur autrui, pour obéir à la Providence qui nous a confiés d’une certaine façon les uns aux autres.

Une telle disposition fait qu’on s’occupe d'autrui plus que de soi; car « peu de chose suffit à un seul ». S'il s’agissait du spirituel, la vertu serait le contraire ; car dans ce domaine, chacun peut pour soi-mêmeet se trouve chargé de soi-même davantage.

Au temporel, ce qu’on s’attribue doit se rapporter à la vertu et à ses fins. C’est uniquement en raison de cet emploi que l’homme libéral peut se préoccuper de lui-même. Dans tous les cas, qu'on ait souci de soi ou d'autrui, dès qu’on agit selon la vertu, on travaille pour

, puisque la béatitude est la sanction naturelle des vertus ‘

4. — On conclut de là évidemment que celui qui donne beaucoup, mais pour de mauvaises causes, n’est pas réellement libéral.

De telle sorte que la libéralité, pour être authentique, suppose la plupart des autres vertus. \

5. — S'étonnera-t-on d’entendre dire qu’elle ne suppose pas la richesse? Elle ne pourrait l’exiger que si l'on jugeait d’elle selon la quantité absolue des biens répandus. Or, on en juge selon la faculté de chacun ; car elle consiste dans une disposition (in habitu), non ans les choses”.

6. — Celui qui est libéral est dit faire des /argesses, être large, parce que ce quiest large tendàrépandreet non à retenir, C'est d'ailleurs le sens du mot libéral ; car libéral veut dire qui laisse libres les choses, pour qu’elles coulent, ou bien qui garde à leur égard un esprit libre.

4. Ibid., art. 1, cum resp. ad 1 et 2» ; In IV Efhic. lect. 1. 2. Ibid., ad ult ; In IV Ethic, lect. 1.

Puis done qu HE s agit de choses qui podent passer de l’un à l’autre, c’est que d’une certaine façon, à savoir à titre lointain, la matière de la libéralité, ce sont les richesses extérieures. Et comme toutes les richesses ont leur mesure et leur équivalent de valeur dans l'argent, on dira pour faire court : La matière extérieure de la libéralité, c’est l’argent *.

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