‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 226 sur 440 · Ibid., art. 4, cum Comment. Cajet · texte numérisé non relu

Ibid., art. 4, cum Comment. Cajet

328 LA MORALE DE SAINT THOMAS. D'aQ incline à prendre ou retenir plus que de droit. Elle s op” pose à la libéralité, quand elle implique seulement des sentiments désordonnés à l’égard de l° argent.

Dans le premier sens, le vol, la rapine, le refus de donner de son superflu aux indigents rentrent dans. l’avarice. Dans le second, un amour, un désir immodérés et, conséquemment, un plaisir excessif de la possession de l'argent, ne fût-on pour cela nullement disposé à l'injustice : tels sont les caractères qu’elle revêt. Que s’il y a injustice par surcroît, l’avarice au second sens n’y sera intéressée que pour sa part. On sera dit avare non pour avoir commis l'injustice; mais pour y avoir été entraîné par des sentiments désordonnés à

l’égard des biens‘.

3. — Sous ce rapport, l’avarice, par elle-même, n'est pas un vice fort grave. Elle ne le devient que si l’attache aux richesses est telle qu’elle implique le mépris des vraies fins de la vie humaine. Constiluer en quoi que ce soit notre fin dernière, hors le Bien incommutable, est toujours un grave péché, et ce péché inclut d’une certaine manière tous les autres; car l'homme disposé ainsi est prêt à tout pour satisfaire sa folle passion.

Pour la même raison, celui qui, tout avare qu'il soit, “entend sauver le bien suprême, sauvera aussi ce qui en dépend. Il est donc bien affecté à l'égard de l'essentiel des vertus. Son amour excessif de l'argent n’est donc pas un désordre grave.

[l'en est tout autrement, cela va de soi, de l’avarice

dans le premier sens, puisqu'elle implique le vol, la rapine, et toutes les injustices dont on a reconnu plus haut la gravité?.

Quant à la place exacte de l’avarice parmi les vices, ‘ on en peut juger, s'il s’agit du degré, par celle qu’on a

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