In VIIL Ethic, lect. 5, in fine
3. IE Ie, Q. XXV, art. 7; Q. XX VIL, art. 2 et 3 : Q. XXXI, art. 1. 4. Ie Ile, Q. XXVIL art. 2; In IX Eéhic., lect. 4 et 5.
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une société. habituelle‘, | Horn 7 | Exige- t-elle par surcroît la ressemblance des amis, l'égalité de leurs situations et de leur valeur, l'identité de leurs convictions et de leurs opinions ? Il y aurait i ici beaucoup à dire. ie L'amitié n’a pas besoin de la ressemblance de. natures ; elle s'accommode bien mieux des différences complémentaires ; mais il lui faut la ressemblance des vouloirs, tout au moins des vouloirs profonds, c'est-àdire des fins ; car les moyens prêtent à des divergences qui respectent l’amitié et qui même peuvent la servir, comme si un ami malade désire une boisson que son ami lui refuse, l’estimant nuisible. Mais vouloir des … fins diverses, c’est voyager dans des chemins différents. Comment y serait-on ensemble * ? .
Une certaine égalité de situation est nécessaire à
- l'amitié, quoique non à l’amour, parce que la commu-
nication des vies, beaucoup plus étendue dans l’amitié que dans l’amour, ne s’accommoderait pas de trop de distance *. :
Les opinions peuvent diverger sans inconvénient, en matière spéculative, pourvu qu’on ne fasse pas de la vérité une question de personnes et qu’on demeure respectueux l’un de l’autre. Il n'en va pas de même des
opinions qui concluent à l’action, et tendent à orga-
niser les vies de façons divergentes *.
Quant à l'égalité, on a dit que l’amitié la fait quand. elle ne la trouve pas. Mais il est certain que l'égalité requise ici n'est pas une égalité d'équivalence (ægui-
4. Le Ile, Q. XXII, art. 4 et 5; Ia IIæ, Q. LXV, art. 5. 2. Q. XXII de Verit., art. 8, ad Tv. (ad 2 in contrarium). 3. Ile Læ, Q. XXV, art. 4; Q. Il de Virtulibus, art. 7, ad 11» et 12m.
4, 1 IIe, Q. XXIX, art. 3, ad 2»; Q. XXVIL, art. 1 ; In III Sené., Dist. Vil, Q. IL, art, 1.
parentiæ), mais une égalité de proportion. C'est-à-dire que celui qui vaut plus sera le plus considéré, le plus aimé, de même que celui qui a plus donnera davantage ; mais chacun donnera et recevra selon la place qu'il occupe dans l’alliance. C'est surtout entre Dieu et nous que cette sorte d'égalité se fait visible *.
&4.— L'union à fonder ici suppose d’ailleurs la dis- -tinction des sujets : il ny a pas d'amitié envers soimême, si ce n’est en un sens métaphorique. De soi à soi, il y a unité, et non pas union. Si, religieusement, on définit la charité comme une amitié, et si l’on se doit charité à soi-même, c’est qu’un tiers intervient ici, et que c’est à cause de Dieu, en Dieu, qu’on est, selon la charité, ami d’autrui et de soi-même *.
Il n’y a pas non plus d’amitié à l'égard des êtres inférieurs à l’homme; car ni les êtres irraisonnables ne prêtent à une réelle bienveillance, ni ils ne peuvent la fournir en retour. On veut du bien à ceux qui en sont capables, ayant en eux la faculté d’en user par le libre arbitre, au lieu d’être menés et privés de destinée propre. Les biens de l'amitié sont relatifs aux personnes, qui sont des fins en soi; ils ne peuvent être souhaités ni demandés à ce qui n’est pas personne. Comment se ferait ici la communication des vies? On voit bien l’animal ou la plante associés à la vie humaine en ce sens qu'ils sy subordonnent : mais non en ce sens qu'ils la vivent, ni à plus forte raison nous la leur *.
5. — Il y a diverses amitiés, qui se caractérisent soit selon les fins de l’union, soit selon le genre de communication vitale. À l'égard des fins, on distingue l'amitié fondée sur la recherche de l’honnête {amicitia honesti) ;
4. In III Sené., Dist. XXXII, Q. L, art. 4, ad 2». 2. 11e IIæ, Q. XXV, art. 4.
3. 18 Pars, Q. XX, art. 2, ad 3v ; [la Ile, Q. XXV art. 3; In III Sené., Dist. XXVIII, Q. LI, art. 4.
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l'amitié d'intérêt (amicitia utilis), et l'amitié de plaisir (amicitia délectabilis). S'agit-il de communication des vies, on distinguera anitie de nature, fondée sur l’identité foncière de toutes nos vies et sur la sympathie de l’homme pour l’homme; l'amitié familiale, qui se nourrit des échanges et des vertus domestiques ; l'amitié civile, fille de la vie sociale et politique dans ce qu’elles ont de vertueux, et l’amirié divine, qui à vrai dire se rattache au surnaturel, la communication des vies entre Dieu et l’homme ne venant pas de la nature‘
La première division est la plus importante et elle
s’applique à chaque terme de l’autre. Elle est calquée sur la division classique du bien. Puisque s’aimer d'amitié c’est se vouloir du bien, il y aura autant d’espèces d'amitié qu’il y a d'espèces de bien, et soit qu’on cherche à se procurer du délectable, de V’utile ou de l’honnête, toujours l’amitié en sa notion générale sera sauve. Mais comme des trois espèces de bien une seule, J’honnéte, est bien absolument, les deux autres l’étant uniquement sous sa dépendance : ainsi une seule sorte d'amitié mérite ce nom absolument, de même qu'une seule est vertueuse *
6. — La vraie amitié veut le bien de l’ami, plus que toute utilité et que toute jouissance prise en son commerce*. S’il fallait, pour ce bien, ne plus profiter et ne plus jouir, volontiers elle s’y résoudrait; mais ce n’est point ce qui a lieu d’ordinaire. L’amitié vertueuse est. en même temps la plus utile et la plus délectable *. [ne s'ensuit pas qu'elle n’impose aucuns sacrifices : sacrifices extérieurs ; sacrifice de l’amitié même quant à ses
4. Ia [æ, Q. XXII, art. 5 ; Q. Il de Virlutib., art. 11, ad 6».
9. Ia IIæ, Q. XX VI, art. 4, ad 3; Ile Ile, Q. CLXXXIX, art, 19, ad 2» In VIII Ethic, lect. 3.