In VIII Efhic, lect
| biens secondaires, en vue des es suprèmes. Celui qui ; sait se priver de son ami pour mieux se donner à son. service est plus ami que celui qui aime tant, prétend-il, qu’il ne peut supporter l’absence. Il n'en serait pas de même si l’on quittait l'ami facilement pour autre chose que l’amitié ou que pour son fondement, la vertu‘.
Par là même qu'il lui veut du bien, un vrai ami veut à sonami le meilleur bien. C’est pourquoi il n’hésitera pas à le contrister, à le contredire énergiquement en vue d'un mal à éviter ou d’un bien à promouvoir*.
Il consentira en faveur de l’ami tous les sacrifices, sauf ceux qui feraient brèche à l’amitié même, en tant que fondée sur la vertu, ou qui renverseraient l’ordre de l’amour, selon lequel on se doit tout d’abord à soimême *. -
On ne sacrifiera donc pas les biens spirituels, fût-ce pour le bien spirituel de l’ami, à plus forte raison pour son utilité ou pour son plaisir. Mais on lui abandonnera au besoin tout le temporel et jusqu’à la vie même, car l’amitié vaut mieux que la vie‘
Que si l’ami s’oublie dans le mal, il faut essayer de l'en retirer, en déployant pour cela plus de zèle qu'on n'en mettrait en matière temporelle. Il y faut insister tant qu'il y a de l'espoir. Mais il ne faut pas pousser Jusque sur ce terrain la communication des vies ; car ce serait là une complicité au lieu d’un secours, et si l’in- corrigibilité est une fois reconnue, la rupture s'impose *
7. — L'amitié consiste-t-elle plutôt à aimer ou plutôt à être aimé? Evidemment plutôt à aimer; car