CF, Ile IT&, Q. CXIV, art. 1, cum resp. ad 4u et 2n
soi ? te aime one, Qui aussi, à sa façon, son prochain comme soi- -même. C que tout être s s'aime, soi, Lois £
; ue À: aime donc naturellement tont ce qui est un avec soi : un numériquement, un spécifiquement ou génériquement ; un substantiellement, un accidentelle ment, selon que chaque genre d'unité le comporte‘.
2. — Quand donc la charité chrétienne demande qu'on aime « toute créature » raisonnable, si étrangère ou si hostile soit-elle, cette exigence n’est pas sans lien avec la nature envisagée en elle-même, abstraction faite des perturbations que le péché y a introduites ?. C’est ler péché qui a tout bouleversé entre nous comme en nous. La vraie nature veut qu'on s’aime, et la grâce, en +: è pourvoyant, ne fait que parachever l’inclination native”.
On ne s’étonnera pas que saint Thomas insiste peu, relativement, sur cet aspect diminué de la fraternité humaine. Le langage de la nature n’est plus entendu que si l’Auteur de la nature le rappelle, et, en le rappelant, il y ajoute un fait nouveau qui en transpose tout le sens, à savoir l'adoption intime qui rendra les - humains vraiment frères.
Etre frères, cela suppose un père qui vous ee Peut-on parler, en dehors du surnaturel, de la paternité de Dieu ? Ou bien se contentera-t-on de la maternitéde la nature ? Saint Thomas, on le sait, ne croit point qu’en philosophie pure on puisse proaver la providence. La . paternité de Dieu se réduirait donc à la seule création, tee et la fraternité à une dérivation commune ? On n 6e 14 rait exiger beaucoup, comme conséquence d’un lien si
4. [a Pars, Q. LX, art. 4; Q. II de Verit., art. 7, ad 6w. 2. Q. II de Virtutib., art. 7, ad 10».
3. Q. II de Virtutib., art. 8, ad 7»; IIT Contra Gentes, ch. cxvu.
impersonnel. Au contraire, l'Evangile parle haut, parce qu’il a proclamé d’abord la Nouvelle Alliance.
D'où la différence entre saint Thomas théologien et saint Thomas commentateur de l’Ethique. Pour ce dernier, les froides déterminations d’Aristote semblent suffire. Au-dessous de l’amitié de choix, que le Stagyrite a comprise de la façon la plus élevée, il ne s'étonne point de ne voir figurer qu’une vague inclination largement combattue ; à laquelle l’étranger, le barbare, l’esclave n'ont qu'une bien faible part décroissante ; que l’inimitié recouvrira presque entièrement, tellement que si l’on garde la mesure dans les représailles, ce sera bien plus par respect de soi que par un reste d'amour d'autrui. Au contraire, en théologie, saint Thomas épanouit l’idéal évangélique dans toute sa magnifique ampleur, et c’est en vue d’en montrer les attaches, d’en sonder les racines, que, philosophe chrétien, étudiant la nature « intègre », c’est-à-dire abstrayant du surnaturel, et aussi du péché de nature, il cherche vers quoi tend notre élan premier, ce qu’exige notre constitution rationnelle et sociale.
3. — De ce point de vue, il dira donc : L'homme est naturellement ami de l’homme. Ce que porte l’inclination, la raison, en l'adoptant, en fait une amitié vertueuse. Cette amitié s'impose. On ne pourrait y échapper qu’en se reniant soi-même en tant qu'homme, l’humanité nous étant commune. Peu importent d’ailleurs les mots. On appellera autrui le prochain ; on l’appellera frère ; on l’appellera ami. Par ces mots différents, c’est la même affinité qu’on désigne‘. |
4. — Ses exigences s'étendent à tous les hommes, s'agit-il des méchants; s’agît-il de nos ennemis. On n’aime pas les méchants dans leur faute ; mais on aime