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ie dun un le bien qui convient : à son.
rôle et le lui procurant selon son pouvoir. Mais on
- aimera plus intensément celui qu'on à gratifié soi- | même. La nature le veut ainsi ; car un obligé estcomme la « créature » de celui qui l oblige, et tout artisan aime
son œuvre plus que celle-ci, à supposer qu’elle soit consciente, ne peut.le lui rendre. N’est-elle pas la mani-
festation de son être, cet être que nous aimons d’un se
incoercible amour ? ; |
De plus, nous aimons davantage ce qui nous est un meilleur bien. Or, du bienfait reçu au bienfait accordé, il y a toute la distance du bien honnéte au bien wrile. Le premier est de beaucoup le plus aimable. Car tout d’abord il est durable, et les utilités passent, ne laissant de joie que dans la mémoire, au lieu de la jouissance ; actuelle. Ensuite, ne s’agît-il que de souvenir, on aime mieux se remémorer une bonne action qu’une dette. N’est-il pas propre aussi à celui qui aime de donner ; à
celui qui est aimé de recevoir, et n'est-ce pas une
preuve qu’aimer est une chose plus excellente ? Il convient donc au bienfaiteur, qui est comme tel plus excellent, d'aimer plus qu'il n’est aimé en retour. D'ailleurs, plus il est difficile de répandre des bienfaits que d'en recevoir, et l’on sait que nous nous attachons à ce qui nous coûte, dédaignant ce qui est acquis sans. peine. | Il est bien vrai que le bienfaiteur commence, et que par là il a plus de droits ; que par conséquent on sera plus coupable, si on lui manque, qu'on ne le serait en négligeant d’ aimer un obligé. Mais, cela même qu’on a l'initiative prouve un élan plus spontané et plus riche. L'obligé est provoqué à aimer; le bienfaiteur aime librement et de soi. Toutes choses égales d’ailleurs, il
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