‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 245 sur 440 · AS EE · texte numérisé non relu

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est donc naturel et vertueux que ce soit lui qui aime avec plus de force’.

10. — Quelques-uns ont prétendu que cet ordre de l'amour ne demeurait légitime qu'à l'égard des manifestations, non des affections. On devrait, à leur gré, aimer également tous les hommes ; mais comme on ne peut pourvoir à tous, ils accordent qu'il faut choisir, et distribuer les effets de l’amour selon un certain ordre. C’est là une inconséquence manifeste. Dans la nature, les activités procèdent des tendances et leur sont proportionnées. Or, ce qu’est une tendance naturelle à son acte, l'amour l’est à ses manifestations et à ses effets. Nous devons donc être inclinés dans la mesure de nos dettes d'amour. Nous devons donc être donnés afectivement dans la mesure où nous devons nous donner effectivement”.

11. — Selon cette règle, et à parler en général, sans distinction d'objets particuliers, le prochain que nous - devons le plus aimer, c’est nous-même. Nul plus que nous peut-il nous être associé en humanité? Et s’il s’agit de valeur, en est-il je ne dis pas de prééminente en soi, - mais de prééminente pour nous, qui en avons la charge immédiate ? Ce qu'est l’union à l’unité, la proximité du prochain l'est à la proximité de notre moi. Notre premier prochain est donc nous-même *,

On n’a point parlé ainsi quand il s'agissait de Dieu, parce que le bien divin est prééminent par rapport à tout bien que la raison envisage. Il y joue le rôle de source, et par conséquent celui de fin suprême. Mais les créatures entre elles ne s'aiment qu'au titre de

4. I Ile, Q. XXVE, art. 12 ; In IX Ethic, lect. 7. 2. Ile Ie, Q. XX VI, art. 4 et 6; Q. II de Virtutib., art. 9.

3. KE Pars, Q. EX, art. 3 ; art. 4, ad 2n ; art. 5, ad An: II2 Ile, Q. XXV, art. 4; Q. XXVI, art. 4; Q. Il de Virtutib., art. 7, cum resp. ad 10m, Am, 120, 130, 14 ; Quodl. NIIL, art. 8.

ec po est! fondé sur l'amour de chacun pour soi-même.

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