‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 248 sur 440 · C. — La paix · texte numérisé non relu

C. — La paix

LE La paix et la concorde. — 2. La paix effet de l'amour. — 3 Tous cherchent la paix. — 4.'Les belliqueux et la paix.

4. — La paix ne doit pas être confondue avec une concorde purement extérieure et par là toujours partiélle, toujours fragile. On appelle concorde le concours de volontés diverses en un même consentement, et ce concours est évidemment nécessaire à la paix; mais la paix y ajoute la tranquillité intérieure de chacun, les sentiments qui vous assemblent n'étant pas combattus ; l’esprit et la sensibilité ne s’opposant pas; la justice étant reconnue, et le bien, seule force unitive, ayant nos suffrages; tout se trouvant apaisé parce que tout est dans l’ordre. Aussi Augustin a-t-il défini la paix : La tranquillité de l’ordre.

2. — Que cela soit un effet de l'amour vertueux, c’est chose bien évidente. En tant que vertueux, l'amour d'autrui, qui est à base de bien, nous établit intérieurement dans l’ordre, condition fondamentale de la paix véritable et solide. En tant qu'amour, il unifie les volontés entre elles et prévient leurs combats. Il fait traiter le prochain comme un autre soi, dont les désirs ont le même prix que ses désirs à soi, en raison de quoi Aristote et Cicéron ont dit que s'aimer d'amitié, c’est vouloir les mêmes choses.

Cela, bien entendu, doit s'entendre à tous les degrés, et cela, sur terre, est toujours imparfait; mais comme le dit le proverbe, peu de chose est compté pour rien, et les petites discussions n "empêchent pas une paix rela- tive de régner entre des hommes.

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