le Ile, Q. XXIX, art
| e. Ibid., ad 2.” |
miséricorde aura donc pour objet tous les maux qui
s'opposent, dans le prochain, aux vouloirs naturels de
l’homme, comme la vie ou la santé; à ses choix et à ses espoirs, quand il a élu ou entrepris quelque chose ; aux tendances générales de son activité, quand, poursuivant le bien de toutes ses forces, il lui arrive pourtant du mal’.
Les fautes mêmes du prochain peuvent prêter à miséricorde, non en tant que volontaires : sous ce rapport elles appellent plutôt le châtiment; mais selon
que dans leurs causes et dans leurs effets il se mêle de
bien des facons de l’involontaire. Chose subie, en ce sens-là, et non faite, la faute mérite la compassion du juste. « Jésus, voyant les foules, dit l'Évangile (Mathieu, IX), en eut pitié, parce qu'elles étaient déprimées et gisantes, comme un troupeau sans pasteur. » *
Si le mal devient excessif et que le sujet nous soit très proche, la miséricorde, au lieu de croître, paraît s’évanouir; elle devient, au lieu d'une compassion, une douleur, c'est-à-dire une souffrance personnelle. Il n’y a de miséricorde qu'à l’égard d’autrui, et un être très proche qui se débat dans de grands maux, ce n’est plus autrui, c’est notre propre chair qu’on. de de
Les maux passés ou à venir, les maux imaginés sont
propres aussi à éveiller la pe comme les biens
opposés sont matière à jouissance.
3. — La miséricorde n’est pas toujours sans retour sur soi. On compatit plus volontiers à des maux, quand
on se dit qu’ils vous peuvent atteindre. C’est ce qui a
lieu entre gens de même milieu, de même situation vitale. C’est ce qui a lieu surtout dans l'estimation des