‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 283 sur 440 · E. — L'ESPRIT DE DIVISION · texte numérisé non relu

E. — L'ESPRIT DE DIVISION

Les oppositions de fait qui vont à rompre l’unité

s'appellent des schismes, quand il s’agit d’unité religieuse. Mais l'unité civile a aussi ses schismes, d’où

naissent les sédilions. Toutes les fois qu’une scission

se produit là où l'unité est de droit et de nécessité,

ouvrière des biens sociaux; toutes les fois que cette

scission est volontaire et injustifiée, il y a crime schismatique*.

Il est bien vrai que toute faute contre l’amour mutuel tend à créer cette division; mais cela est accidentel, et l’accident, en matière Morale non plus que dans la nature, ne crée pas d’espèces*.

Ce sont souvent des divergences d'idées qui divisent, à savoir quand on ne convient pas de ce qui est essentiel à la vie publique. Alors, comme on le disait plus haut, l’amitié civique estrompue en esprit, et elle l’est vite en fait. Mais ces sortes d’hérésies sociales ont tout de même leur nature propre, et Les divisions nationales ont la leur. Les premières offensent la vérité; les

secondes s'opposent au bien de l'unité,

Comme d’ailleurs la vérité dont il s’agit est un lien, tout hérétique de cette façon est en même temps schismatique. Mais la réciproque n'est pas vraie; on peut se séparer pour autre chose que des doctrines, bien que, la séparation faite ou seulement méditée, les diver-

gences d'esprit ne tardent pas à paraître, ne füt-ce

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