‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 284 sur 440 · F. — LA SÉDITION · texte numérisé non relu

F. — LA SÉDITION

Quand les groupes divisés s’arment l’un contre l’autre, la sédition paraît. On appelle ainsi non pas encore le combat entre fractions opposées de la multitude ; mais leur agitation belliqueuse (swmultus ad pugnam). 1500 . ui à la fois au bien commun, qui exige la paix,

à l’ordre de la justice, par violation du droit able À sédition est un grand crime, d’autant plus grand qu'il intéresse de plus grands biens et un nombre de * personnes plus ample. Mais si elle est un crime chez ceux qui y participent et y consentent, elle en est . plus inexpiable chez ceux qui l’excitent. Quant à ceux. qui s’y opposent, dussent-ils pour cela employer la force, ce sont de bons citoyens, et quoique mêlés à la lutte, on ne saurait dire qu’ils prennent part à Le sédition, non plus qu’on ne dit querelleur celui qu se défend da. une rixe.

o Il faut toutefois savoir que la malice des séditions étant toute dans le trouble apporté au bien commun et dans la violation de la justice, là où il n'y aurait pas injustice et là où la lutte serait instituée en vue du bien, il n’y aurait ni sédition ni crime. os Un régime tyrannique ne mérite nul respect; iln’est ni juste ni utile au bien commun, puisqu'il viole l’ess sentiel du pacte social, lequel consiste en la recherche du bien de tous, alors que le noie ne travaille que pour soi-même, À moins donc qu'on n’ait à craindre des résistances qu’on lui oppose plus de maux que n'en occasionne le régime perverti, la lutte contre celui-ci . Ne est légitime. 2

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