‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 285 sur 440 · G. — LES RIXES · texte numérisé non relu

G. — LES RIXES

La discorde active qui s'appelle sédition quand il s’agit de groupes nationaux, s'appelle rixe entre particuliers isolés ou en petit nombre. Elle est un grave délit contre la justice et l'amour mutuel de la part de celui qui la cause. Celui qui la subit et se défend. demeurera innocent si sa volonté ne se porte qu’à écarter un danger, non à exercer une vengeance ou à satisfaire une haine, et si d'autre part il y apporte une modération qui garde u une cute PEUR entre la riposte et l’attaque?. ù Mais l’homme on UR est bien éloigné de WE ces sentiments. Il esttoujours prêt aux conflits. Il trouve mauvais tout ce que font ou disent les autres. Il paraît prendre à la contradiction un plaisir malsain, et il excite malignement toutes les querelles’. L'esprit de colère l’agite. Car c’est bien la LoIere qui est la mère des rixes. 4 haine cherche aussi à nuire et à blesser ; mais c’est par un désir du mal d'autrui pris absolument : c’est-à-dire que le haineux ne tient pas à ce que le mal survienne d’une façon ou d’une autre, qu’il soit connu ou non, visible ou caché. Au contraire, l'homme en colère veut qu'on éprouve l'effet de ses sentiments ; qu'on ne rapporte qu'à lui ce qu'il inflige ; que sa ven- geance éclate; que la volonté de son adversaire soit opprimée bien visiblement par son fait*.

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