‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 288 sur 440 · S. August., Epist. ad Bonifacium, post med · texte numérisé non relu

S. August., Epist. ad Bonifacium, post med

L'AMITIÉ 403 aussi le devoir de la protéger au bésoin-par la guerre. Ce qu’il fait contre les perturbateurs du dedans, quand il les réprime, il le doit à plus forte raison contre les perturbateurs du dehors qui sont non ses enfants, mais les ennemis de ses enfants et par là les sujets occasionnels de son rôle. Il ne faut pas que ce soit « en vain qu'il porte le glaive », ce « ministre de Dieu, vengeur exerçant la colère contre celui qui fait le mal » (Epist. ad Rom., c. XI). ,

La seconde condition, c’est qu’il yait une cause juste, et que ceux que l’on combat l’aient mérité par une faute. Une œuvre de justice, comme doit être la guerre, ne peut en effet se proposer autre chose que le juste, et il ne serait pas juste que sans faute préalable, faute positive ou refus de céder à des demandes justifiées, une nation fût frappée d’un pareil fléau. Le désir de s’agrandir, la conquête, un intérêt d’un genre quelconque ne suffisent donc pas ici ; ni ils n’innocentent la guerre elle-même, ni ils n’en peuvent justifier les prétextes.

Enfin, la guerre juste dans son objet et dans son départ doit encore revêtir, du côté du sujet, des conditions .en dehors desquelles elle demeureraïit illicite. L'’intention des guerriers et du prince doit rester droite. L’envie de nuire, la cruauté, la cupidité, la brutalité implacable, l'appétit de vengeance, le besoin de domination et tant d’autres vices en doivent être exclus. Seuls, le triomphe du bien et la répression du mal sont des fins légitimes ‘.

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