‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 289 sur 440 · Nature du scandale. — 2. Gravité du scandale · texte numérisé non relu

Nature du scandale. — 2. Gravité du scandale

4. — Un dernier vice opposé, celui-là, à la bienfaisance effet de l'amour, c’est le scandale.

4, Ile IIæ, Q. XL, art. 1. corp.

D Paie MORALE DE. SAINT THOMAS | D'AQUIN Le. scandale est la pierre qui fait tomber | le marcheur, c’est-à-dire, au moral, une cause ou mieux une occasion de ruine spirituelle, que ce soit par exhortation, entraînement ou exemple, en un mot par un mal soit réel, soit apparent, mais, s’iln’est qu'apparent, dont on devait éviter l'apparence ‘

Le scandale n’est pas proprement et directement une cause ; car une seule puissance peut en nous causer le mal, à savoir notre propre volonté pervertie. Tout le reste, sauf Dieu qui ne porte qu’au bien, nous demeure extérieur et ne peut atteindre la moralité dans son gîte. Quand donc on dit que le scandale cause des chutes, il faut l'entendre d’une causalité occasionnelle, ou au maximum d’une causalité imparfaite, c’est-àdire d’une influence plus ou moins active*.

Divers cas peuvent se présenter. Il arrive qu'on se propose, par des paroles ou par des actes, d'amener le prochain à mal faire. [l arrive qu’on ne se le propose pas, mais que ce qu'on fait ou dit y tend de soi-même. Et il arrive enfin que ni l'intention, ni la nature de l'acte n’y portent ; mais que le prochain s’y porte luimême à leur occasion, en raison de ses dispositions propres.

Dans les deux premiers cas, il y a scandale actif, c’est-à-dire qu’on scandalise vraiment, quoi qu'il en soit d’ailleurs du résultat : il n'est pas nécessaire qu'il y ait chute toutes les fois qu’il y a embüûche. Dans le dernier cas, il y a scandale passif mais non pas actif, c'est-à-dire que quelqu'un est scandalisé sans que personne le scandalise ; on ne lui donne pas occasion de chute, il la prend *.

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