Ie, Q. XIII, art. 5, ad
EUtn Hans GÉNÉRALES DE LA MORALITÉ 34.
n Does tou trésor, là est votre cœur. » Elle tend vers cet objet convenable et possible, et l’on se sent non plus seulement complaisant, mais incliné à l’action, de sorte que cet acte inclut implicitement le vouloir des moyens, l’acceptation de la trajectoire ; mais cette trajectoire n’est pas encore déterminée, les moyens ne sont pas trouvés, et toute liberté demeure de les écarter, s'ils ne paraissaient pas éonvenables.
Telle est l'intention (intentio finis). La liberté n’y intervient pas encore, tout au moins directement et à considérer cet acte dans son essence. Ces restrictions sont nécessaires en ce que nos intentions peuvent, en fait, procéder de choix antérieurs et en comportér la liberté ‘pleine ; en ce que, également, la vie réelle, passant par-dessus le découpage analytique, peut unir en un seul acte l'intention et le choix qui la suit. Mais tout cela est indifférent à nos distinctions actuelles. Nous ne visons pas à séparer, mais à définir.
1. — Après cela vient le consei/, acte de l'intelligence que le conatus volontaire de l'intention met en branle. Il s’agit de comparer à à la fin acceptée les moyens capables de la servir, ce qui suppose pour nous deux choses : une recherche; un jugement sur les objets de cette recherche. On dit que cette dualité est supposée ici pour nous, parce que seule une intelligence discursive y est soumise. Le regard de l’esprit pur, a fortiori le regard divin peuvent juger de la convenance des moyens à leur fin sans avoir besoin d’instituer une recherche.
8. — Les moyens une fois jugés, l'amour de la fin et la force de l'intention volontaire inclinent la volonté à y consentir, c’est-à-dire à y adhérer. Le mot approuver, employé quelquefois, prête au soupçon d’anthropomorphisme. Une approbation implique un acte d’intelligence, et la volonté, que l'analyse isole ici pour envisager son travail propre, n’a pas d'intelligence. Le terme
3% LA MORALE DE SAINT THOMAS D’AQUIN consentement, dans le sens d'adhésion (consensus), est donc à retenir.
Or, deux cas peuvent se rencontrer. Ou bien un moyen se présente comme unique, et abors le consentement à ce moyen mettra fin au processus volontaire; ou bien il y en a plusieurs, et alors un nouvel acte d'intelligence est nécessaire, à savoir le discernement du meilleur ; puis un nouvel acte de volonté, pour s’y porter à l’exclusion des autres.
Dans le premier cas, le consentement sera donc en même temps un choix (electio) comme tout à l'heure /e simple vouloir, s'adressant au bien suprême, et l’intentionéclairée en avant par un jugement implicite avaient aussi valeur de choix. Mais dans le second cas, le consentement en question, efficace à l'égard des moyens pris en bloc, demeurera inopérant encore à l’égard dé l’un d'eux, comme la simplex volitio l'était à l’égard de la fin.
9. — Il est facile de voir que la liberté n’intervient pas encore ici, et qu'un tel acte n’a par lui-même ni bonté ni malice morale. I] n’en peut avoir qu’en raison de la fin qu'il travaille à servir; mais on sait que la fin,
comme telle, ne se discute pas, étant le point de départ de tout, et que s’il s’agit d’une fin relative, d’une fin choisie, celle-ei est le fruit d’un processus antérieur et fait donc pétition de principe à l'égard de l’étude présente. On en est, qu’on ne l’oublie pas, à établir la suite des actes à partir de la fin prise comme telle, donc
comme dernière, ce qui est la définition même de la.
fin.
40. — Quand donc il y a plusieurs moyens, la série active continue, et la volonté ayant pour l'instant épuisé son rôle, l'intelligence reprend le sien. Elle compare les moyens proposés (collatio mediorum) et juge de celui qui sera choisi, ou pour mieux dire le choisit pour sa
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part, en tant que choër implique lumière, la volonté le choisissant, c’est-à-dire s’y portant, pour le sien, selon que le choix implique impulsion, exercice, ce qui à vrai dire est sa définition même.