IV. — LA FOLLE AUDACE
On a nommé comme ennemie de la vraie force d'âme, à côté de la crainte et de son défaut excessif, l’audace folle ou déréglée, qui correspond à l’audace vertueuse.
L’audace folle vient vicier l’acte second de la vertu de force : l’attaque prudente, comme l'intrépidité irréfléchie viciait le premier : la résistance. :
L’audace folle, au lieu de servir au bien, comme ce serait le rôle de l’audace passion, tourne à mal en suivant sans retenue sa propre pente. Au lieu de se laisser gouverner par la raison, elle la précède; elle précipite ses effets ; elle supprime la moitié du pré-
cepte aristotélicien : Réfléchir lentement, agir vite.
Comme donc tout écart par rapport au juste point déterminé par la raison est une faute, on doit donner ce nom à l'audace qui déborde.
4. Aristote, Ethic, 1. HI, cap. vur, 4115b20. 2. Ile ITæ, loc. cit., art. 1.