‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 301 sur 440 · I. — CLASSIFICATION DE CES ANNEXES · texte numérisé non relu

I. — CLASSIFICATION DE CES ANNEXES

La vertu de force ayant une matière très spéciale, ne comporte pas de sous-espèces; mais elle requiert des conditions multiples qu'on peut envisager à part, à titre de parties intégrantes ou quasi intégrantes.

De plus, ce que fait la force d'âme à l’égard des grands périls, d’autres dispositions vertueuses le font à l'égard de moindres cas, et à cause de cette ressemblance on pourra les classer à côté de la vertu de force.

On dira donc dans le premier sens : La vertu, en matière de périls, exige deux choses : supporter courageusement, et au besoin attaquer les ennemis du bien. Pour attaquer, il faut avoir confiance : cela quant à la décision à prendre. Quant à l’exécution, il faut avoir ce cœur haut et large que les grands desseins ne trouvent pas défaillant à pied d'œuvre.

Une certaine magnanimité et une certaine confiance vertueuse (fiducia, vel magnificentia) seront donc incorporées, de ce chef, à la force.

Pour supporter, il faut ne pas se laisser déprimer par le poids des peines, et à cela concourt la parience. Il faut aussi résister à l’usure du vouloir, en pot la persévérance.

Ici également, on pourra insérer dans la vertu de force, comme nécessaires à ses actes, les dispositions vertueuses dont on parle.

Mais si, se référant au second point de vue, on élargit Je domaine de la force ; si au lieu de lui donner pour matière uniquement les très grands périls, comme la mort, on y joint des difficultés encore notables, comme si l’on dit : Les grandes largesses, la poursuite vertueuse des grands rôles, les patiences et les persévérances. en matière quelconque requièrent à titre spécial des dispositions fortes, en ce que l'effort à faire et la grandeur des résultats ont pour corrélatif de grands risques : alors on fera de la magnanimité, de la patience et de la persévérance des vertus annexées à La force ‘.

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