S'ilest certain, d'après cela, que seuls les grands
4, 1bid., art. 2, cum resp. ad du et 3u.
tro sont capables d’ agir selon ce qu'on vient de dire de la magnanimité, il n’en est pas moins vrai que la disposition intérieure qui y correspond est à la portée de tous.
11 le faut bien, puisqu'on a dit que toutes les vertus sont connexes, et qu’on ne peut avoir l’une sans être en disposition de toutes les autres. Mais cette disposition s'entend de la volonté générale du bien incluse dans la prudence, d’où ressort la possession — actuelle ou en pouvoir prochain — de toutes les habitudes vertueuses. Si l’occasion en est donnée, ces vertus se feront jour et passeront à l’acte. Mais l’occasion n’est pas donnée aux petits de s’adapter aux grands rôles. Ils n’exerceront donc jamais les actes attribués au magnanime. Ils n’en ont pas moins le mérite éventuel de ces actes, si leur niveau moral le comporte.
4. — Aristote a attribué à son Magnanime des allures lentes, une voix grave, une parole posée. Ces. dispositions paraissent en effet convenir. Nos façons d’être se diversifient selon ce que nous pensons et éprouvons au dedans. Un agité, un homme à la voix criarde, un bavard ne font pas figure de grandes âmes. La grande âme laisse les petites choses pour les grandes, qui sont rares, et elle n’a donc pas d'empressement dans ses gestes. Elle ne s'inquiète que de hautes questions, qui ne se traitent point d’une voix aiguë ni en paroles abondantes.
Comme donc les façons d’être qui annoncent une grande âme conviennent à la magnanimité acquise, ainsi elles se font voir chez ceux qui par ne sont disposés à cette vertu ‘. ;
5. — Chose plus importante à noter, la magnanimité, qui paraît s’exalter, n’est contraire qu’en apparence à