Il, Ile, Q. EXXIX, art. 8, cum resp. ad arg
4. — La grandeur d'âme étant ainsi une tendance ‘aux grandes choses dont on se sait capable, celui qui tehd sans ètre capable s'écarte de la vertu par excès. Il en est de lui comme d’un agent naturel qui rechercherait des effets au delà de sa force.
Dans la nature cela ne se produit point, parce que l'action y est réglée par les dispositions de la Providence, dont les corpsexécutent les ordres. L'homme a le pouvoir de déborder; mais il ne le doit point. La raison a pour loi d’imiter autant que possible le gouvernement providentiel, en adaptant l’action aux ressources”.
2. — On remarquera que cette décision s’applique au progrès spirituel comme à tout le reste, Celui qui se trouve dans un état imparfait et qui veut de suite faire les œuvres du parfait prouve non son zèle, mais sa pré-
somption. Ce qu’il doit faire, c'est monter peu à peu, selon son pouvoir, de l’état imparfait à l’état qui le mettra au niveau des grandes œuvres.
Ce n’est pas tendre au delà de ce qu’on peut que de tendre au progrès, puisque nous sommes capables de progrès. Dans la nature, autre est la puissance passive, qui permet de monter au delà de soi; autre est la puissance active, qui ne peut dépenser que ce qu’elle possède. La présomption est un excès de l’activité, non - de la réceptivité progressive ?
Cette distinction est ce qui sauve le chrétien du reproche qu'ilencourrait lorsqu’ils’exaltejusqu'à espérer les réalités divines. « Faire l’immortel », selon le mot d’Aristote*, ce serait de sa part une présomption insupportable, s’il n’y avait en lui de quoi recevoir des dons immortels. Mais puisqu'il a lintelligence, grâce à
Ibid 10 'CXXX art 1 2. Ibid., ad 1n.