La présomption n’est pas le seul vice opposé
à la magnanimité par excès. Il y a place pour une double déviation, là où il y a un double objet, l’un immédiat : l’honneur, l’autre dernier : les grandes -œuvres. Celui qui excède dans la recherche des grandes œuvres est appelé présomptueux. Celui qui excède dans la poursuite des honneurs sera appelé ambitieux”.
2. — Ici encore on distingue plusieurs modes. L’honneur étant un témoignage d’excellence, don divin conféré à certains hommes pour l'utilité de tous, la vertu, en ce qui le concerne, consiste à le référer à Dieu et à l’employer pour le bien de ses frères.
Il prêtera donc, de la part de qui le désire, à trois sortes de déviations.
La première consistera à désirer de l'honneur en témoignage d’une excellence qu’on n’a point. La seconde à le désirer pour soi seul, sans le référer implicitement ou explicitement à Celui qui y a droit en premier, comme source de toute excellence. La troisième à se complaire dans l’honneur comme dans une fin voulue pour soi, au lieu de l’orienter vers l'utilité commune.
Ilest bien vrai que l'honneur est pour la vertu une sorte de récompense, en ce que les hommes, qui ne
1. IE Ilæ, oc. cil., art. 2, cum resp. ad 3u. 2. IR Ile, q. CXXXI, art. 2, cum resp. ad 4». 3 1bid.; art. 1:
. peuventr rien der mieux. pour elle, lui accordent ce témoignage. Mais le témoignage, par définition même, suppose une valeur antérieure à l'honneur rendu. C’est cette valeur qui en fait le prix. Donc, à la chose digne d'honneur l’homme vertueux a raison de tendre ; mais
non à l’honneur laissé à soi.
Il est vrai aussi que le désir de l'honneur pousse à
beaucoup de bonnes actions et en fait éviter de mauvaises. Mais celan'est vrai, ou en tout cas cela n’est sûr que s’il s’agit d'un désir bien réglé; car autrement, beaucoup de maux peuvent s’ensuivre. Aussi Salluste dit-il à propos de Catilina: « L’honnête homme et l'homme lâche désirent tous deux la gloire, l’honneur et le pouvoir; mais le premier prend le bon chemin ; le second, manquant de talents vertueux, se réfugie
dans le volet l'injustice. ‘ »
D. —— La VAINE GLOIRE.
1. Ce que c’est que la gloire. — 2. Ce que c'est que la vaine gloire. — 3. La vaine gloire opposée à la grandeur d’âme. — 4. La vaine gloire et les vices capitaux.
4. — La grandeur d’âme, quise tient dans les limites vertueuses à l’égard del’ honneur, rectifie l’âme à l'égard de son effet : la gloire.
La gloire est un certain éclat (claritas) dont jouissent, dans l'opinion, les personnes qu'on loue et qu’on honore. Qui dit éclat dit manifestation, donc largeur du milieu où le nom éclate. Une lumière vive est vue de loin et par beaucoup. A proprement parler, la gloire suppose donc la connaissance flatteuse et approbatrice du bien par un grand nombre « On n’est pas glorieux auprès d'un seul », a dit Salluste *