Or, la gloire peut être vaine pour trois raisons
Premièrement, parce qu’on la cherche dans un objet
qui ne la comporte point, comme s’il s’agit d’une chose caduque et fragile : telle la fortune. Deuxièmement, parce qu’on la demande exclusivement à ceux qui ne la détiennent point en premier, à savoir les hommes, dont le jugement est faillible. Troisièmement, parce qu'on ne l’oriente point vers sa vraie fin, qui est l'honneur de Dieu et le bien de ses frères : fins qui coïncident, vu que Dieu ne cherche d'honneur auprès des hommes que pour le bien des hommes.
On ne blâme donc point ceux qui ont « souci d’un bon renom », comme dit l’Apôtre (Rom., XII, 17). Une gloire de ce genre est utile ausujetetutile à tous. Elle concourt à l'honneur du bien, quiestune forcecommune ; elle provoque le progrès par l’exemple; elle invite à persévérer et à mieux faire encore celui que le témoignage public applaudit. On blâme seulement la volonté de la gloire pour elle-même, de la gloire qui n’en est pas, de la gloire non référée à ses fins ou puisée autre part qu'à ses vraies sources.