‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 324 sur 440 · Ibid., art · texte numérisé non relu

Ibid., art

4. — À la même vertu de force se rattache encore, par un nouveau lien, la persévérance. C’est bien la force d’âme qui soutient le au moral, quand il s'agit de garder longtemps et jusqu’au bou l'attitude vertueuse. Mais cette force s'appliquant à vaincre une difficulté spéciale : la longueur même du temps et la fatigue du vouloir, elle constitue une vertu spéciale.

2. — Qu'elle soit relative à toutes matières, cela ne s oppose en rien à sa spécificité ; car ces matières diverses sont envisagées par elle sous un aspect qui lui est propre. Chaque vertu ne regarde que chaque objet, et bien qu'elle tende à s’y fixer, vu que la vertu, de soi, est stable (gualitas difficile mobilis), cela n’entre point dans son objet ; c’est une pure condition subjective. La persévérance, elle, en fait son objet spécial; c’est une vertu qui regarde la fin’.

3. — Quant à la longueur de temps nécessaire pour que la vertu qui se soutient prenne le nom de persévérance, cela dépend des occasions et des objets. Cela dépend aussi des manières de parler. On appelle parfois vertu l’acte de la vertu, comme quand on dit : La Justice, c’est de respecter le bien des autres. Plus exactement, la vertu, c’est la disposition à de tels actes. Il peut donc se faire que quelqu'un veuiile persévérer, se fixe en ce vouloir vertueux, et soit dit de ce fait, d’ores et déjà, persévérant, à savoir au point de vue de la disposition intérieure. Plus tard, peut-être, il cédera aux difficultés, et sa persévérance périra, ce qui ne l’aura pas empêchée d’être réelle.

Que si au contraire on regarde au fait, po être persévérant en ce sens-là, c’est aller jusqu’au bout de ce qui est entrepris, et alors la longueur de temps requise dépend de ce qui est en question. S'il s’agit de

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