Ibid., Q. CXXX VII, art. 1, cum resp. ad 3 ; art
choses qui par nature doivent durer toute la vie, comme la charité, persévérer, ce sera être jusqu'à la fin charitable. S'il s’agit d’une entreprise particulière, comme une bataille, persévérer, c’est aller jusqu'à la victoire ou à la défaite irrémédiable.
C’est dans le premier sens seulement qu’on peut prendre le mot d’Augustin : « Nul ne peut être dit persévérant tant qu’il vit; il ne l’est que s’il persévère jusqu'à la mort. »' Et c’est aussi dans ce même sens qu’il ajoute : « La persévérance ne se perd pas. »* Il faisait allusion au mot de l’Évangile (Matth., XXIV, 13)
« Celui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. »
4. — La constance coïncide avec la persévérance au point de vue de sa fin, qui est de maintenir l'attitude vertueuse jusqu’au bout de la vie ou de l’œuvre. Elle en diffère en ce que la persévérance se propose de vaincre la difficulté qui ressort de la durée même; la constance celle qui ressortdes empêchements extérieurs.
Un homme que ne décourage point la longueur d’un travail ardu est persévérant; celui que ne découragent point des accidents survenus en cours d'action est constant *.
Il suit de là qu’au point de vue de l’objet, la constance est apparentée à la patience, l’une et l’autre devant tolérer ce qui attriste; mais leurs visées sont diftérentes, et, pour celte raison, la fin étant en tout le principal, la constance est liée plutôt à la persévérance, dont la fin est la même*.