Locis supra cit
l'essentiel des fonctions. Il y a lieu de tenir compte de ce qui les accompagne et les rend plus délectables, par conséquent plus nécessaires à régler et à modérer vertueusement: par exemple, le goût et Les odeurs pour les mets, la beauté et les ornements pour les sexes. Ici, les autres sens interviennent. Dans la mesure où ils se rapportent ainsi aux fonctions que la tempérance règle, ils seront, eux aussi, bien que secondairement, sujets de la tempérance. Dans la mesure, au contraire, où ils sont étrangers à ces fonctions, ils seront étrangers aussi à la tempérance en tant que celle-ci est vertu particulière!.
5.— Lanormegénérale delatempérance, c’est lenécessaire vital. L'usage des biens ne doit-il pas se mesurer selon la fin à laquelle ces biens doivent satisfaire? Or, les biens que la tempérance concerne ont pour fin la conservation de l'individu et de l’espèce. Leur bon usage consistera donc dans la satisfaction de cette double nécessité, sans oublier de la comprendre d’une façon large.
Le nécessaire, en effet, est double. Il signifie ce sans quoi une chose ne peut pas être, et il signifie ce sans quoi une chose ne peut pas être dans des conditions convenables. La vertu, chose morale, non métaphysique, ne peut pas concerner uniquement le nécessaire au sens strict. Aussi le philosophe a-t-il dit : « L'homme tempérant use des plaisirs en vue de sa santé, et aussi de son bien-être », c'est-à-dire de sa bonne disposition pour agir?.
Quant à ce qui sort du nécessaire, il peut être ou con-
4. Il Ilæ, Loc. cit., art. 4, cum resp. ad 3w: art. 5, cum resp. ad arg. On notera les curieuses et profondes remarques de saint Thomas sur le rôle des divers sens dans la nutrition et la reproduction. Cf. In II1 Ethic, lect. 9.