‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 330 sur 440 · Arist., Ethic, 1. III, cap. xi · texte numérisé non relu

Arist., Ethic, 1. III, cap. xi

traire aux dispositions heureuses dont on parle, et alors le sage s'en écarte ; ou simplement étranger à leurs exigences, et dans ce cas, l'homme tempérant en use modérément, suivant les occasions, les lieux et les personnes, selon toutes les circonstances dont la raison est juge ‘

D'un autre côté, pour juger de la convenance vitale, il ne faut pas avoir égard uniquement au corps, bien que le corpssoit en cause d’une façon immédiate. On ne découpe pas l’homme. La raison, en réglant l’agir, doit faire état de tout. L'homme tempérant devra donc songer, en même temps qu'à sa santé et à son bien-être, à sa situation, à ses devoirs, à son milieu, bref à l’honnèteté sous toutes ses formes?.

6. — La tempérance est placée parmi les vertus cardinäles, parce que la modération nécessaire à toute vertu trouve en elle une matière toute spéciale.

L’antonomase se justifie en ce que les délectations

du tact, que la tempérance règle, sont les plus naturelles au sens qui a été expliqué ; en ce qu'elles sont donc les plus difficiles à réfréner, les plus impossibles à écarter, celles où la raison a le plus d'occasions d’intervenir, celles dont les objets sont les plus nécessaires à la vie humaine * * De ce que les fonctions à régler ainsi sont corporelles et communes à tous les animaux, il suit précisément que l’œuvre de la raison y brillera davantage, atteignant un objet plus loin d'elle *

1. Ia Iæ, loc. cit. art. 6, cum resp. ad. 2". Cf. Q. XIV de Malo, art. 1, ad 1».

3. 1bid., art. 1; Q. I de Virtutib., art. 12 ; ad 24» et seq. 4. Ils Ilæ, loc. ult. cil. ad Av.

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