bid., art. 2, cum resp. ad arg
sue à la vertu, peut convenir sous certains rapports ou
d'être humilié devant lui est durable ; il n’en est pas de même des étrangers !. Ç
4. — Cela étant, on peut prévoir quels sont ceux qu'en trouvera dépourvus de cette sorte de crainte, Premièrement les gens endurcis, parce que, à ceux-là, nulle- honte n’est plus possible. On n’a plus rien à craindre en matière d'honneur, lorsqu'on ne rougit plus. De telles gens se glorifient plutôt de leurs vices. A l’opposé, les gens fixés immuablement dans le bien, autant que cela est possible aux hommes, sont moins portés à craindre des humiliations qu'ils espèrent ne Jamais mériter. Cela est surtout vrai des vieillards. Toutefois, comme cette sécurité n’est jamais que relative, les plus avancés en âge et en vertu restent dans une disposition telle, qu’ils éprouveront de la crainte si l'occurrence survient ?.
On voit que la honte est surtout le fait de ceux dont la vertu est moyenne : trop amis du bien pour ne pas rougir éventuellement de son contraire ; trop exposés au mal pour ne pas en sentir l’effroi*.
On voit aussi qu’en cette matière comme en toute autre, la crainte est le commencement de la sagesse, sans se confondre avec la sagesse. On n’est pas sobre ou chaste parce qu’on craint la honte qui s'attache aux vices contraires; mais on y est, par cela, disposé. Ce sentiment, a dit Ambroise, « jette les fondements de la tempérance » *.