Ibid., ad 4v; Ambros. De Offic., 1. I, cap. xzur
fond, moralement parlant, avec la vertu elle-même. On sait que l’honnéte s'oppose à l’ufile et au délectable‘, et l’on appelle honnète ce qui est désirable de soi; utile ce qui est désirable à’ cause d’autre chese ; délectable ce qui est désirable comme repos de l’appétit dans l’honnête. A ce titre, la vertu n’est pas de l’honnête achevé; car elle n’est pas voulue pour ellemème à titre dernier : elle est le moyen de la béatitude, fin suprême de l’activité humaine. Toutefois, à son rang, elle est bien réellement voulue pour soi. Elle représente une valeur définitive, quoique partielle; c’est de choses comme celles qu'elle nous procure, que la béatitude est faite, et ne procurât-elle point de béatitude plus ample, c’est encore elle qui seraït le meilleur de la vie”.
D'ailleurs, cette considération métaphysique doit céder ici à la pratique. Selon la teneur du langage courant, l’honnèête, c’est ce qui est bon à vouloir aux yeux de la raison, par opposition à ce qui ne plaît qu'aux sens.
Ainsi envisagé, l'honnèête est identique au bien, pour autant qu'il implique une beauté spirituelle digne d'honneur *. Comme donc les actes opposés à la tempérance ont été dits particulièrement honteux, on les dira spécialement déshonnètes et leurs contraires spécialement honnêtes. L’honnêteté sera ainsi, par antonomase, synonyme de tempérance"”.